Mimétisme

De Biodiversité - Costa Rica - 2010
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 Le mimétisme est une ressemblance considérable entre deux espèces, dans le but d’en protéger une ou les deux, de leurs prédateurs, qui sont habituellement communs. Le modèle sera en général une espèce dangereuse, vénéneuse, par exemple, que les prédateurs redoutent, alors que le mime sera souvent inoffensif, d’où le but de ressembler, que ce soit visuellement, olfactivement, ou auditivement, à une espèce dangereuse. Il y a aussi le troisième parti, le dupe, qui est le prédateur que l’on cherche à éviter.


Les différents types de mimétisme sont distingués par leur utilité pour le mime : il y a le mimétisme défensif, offensif, et l’automimétisme. Le camouflage peut être considéré comme un type de mimétisme, par contre il diffère par le fait que le mime cherche à ressembler à son environnement, pour s’y réfugier, et non pas à une autre espèce semblable.


Mimétisme défensif


Type de mimétisme le plus commun, le mimétisme défensif consiste en une espèce qui se fait passer pour une autre, dans le but d’éviter une situation qui pourrait lui être nuisible. Il existe quatre types de mimétisme défensif : Batésien, Müllérien, Mertensien, et Vavilovien. 

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Le mimétisme Batésien a lieu lorsque le mime possède des caractéristiques marquantes associées à une espèce redoutable, mais ne possède pas l’attribut qui rend le modèle indésirable pour le dupe. Ce type de mimétisme prend son nom de Henry Walter Bates (1825-1892), naturaliste et explorateur anglais, qui fut le premier à définir le phénomène. Un excellant exemple est celui de l’inoffensif Malpolon Moilensis, à gauche, appellé le faux-cobra, qui imite la coiffe du cobra indien (Naja Naja), à droite, dont le venin neurotoxique est redoutable. 


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Le mimétisme Müllérien est une distinction particulière du mimétisme, distinguée
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par le naturaliste allemand
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Fritz Müller (1821-1897). Il consiste en deux espèces partageant des caractéristiques très semblables, mais dont les deux possèdent également l’attribut indésirable pour le prédateur. Tous deux bénéficient mutuellement de cette ressemblance, en simulant une seule espèce dangereuse à leurs prédateurs communs, qui se cassent moins la tête à savoir qui ne pas manger. Ce type de mimétisme avantage même le dupe, qui est moins porté à se tromper et ingérer une espèce qui lui serait nuisible. Dans ce type de mimétisme, il est généralement accordé qu’aucune des deux espèces n’est ni le modèle ni le mime, les deux remplissant réciproquement les deux rôles l’un pour l’autre. Le plus remarquable exemple de mimétisme Müllérien est celui du papillon Monarque, en haut à gauche, qui partage un complexe de Müller avec trois autres espèces, le papillon Reine, en bas à droite, le papillon Soldat, en bas à gauche, et le papillon Vice-roy, en haut à droite.



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Le mimétisme Mertensien est une forme bien plus particulière de mimétisme, plus complexe et quelque peu plus malin. En effet, il est fondé sur le principe qu’un animal très toxique, se faisant attaquer par un prédateur, réussira à empoisonner ce dernier et causer sa mort, mais bien au détriment de sa propre vie. Quel est le but d’être dangereux s’il faut mourir avant que son prédateur ne s’en aperçoive, d’autant plus qu’il n’y aura pas de processus d’apprentissage chez les prédateurs? La théorie du mimétisme Mertensien, avancée par l’allemand Wolfgang Wickler en 1968, et nommée en honneur de Robert Mertens (1894-1975), herpétologiste allemand, propose donc que certains rôles de mimes et de modèles seraient véritablement i
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nversés. Ainsi, l’espèce vénéneuse aurait évolué de façon à ressembler à une espèce moins dangereuse, puisque les prédateurs
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seront incommodés après avoir ingérés un individu de l’espèce
moins toxique, et n’attaqueront plus de leur vivant quoi que ce soit dont l’apparence y sera semblable. De cette façon, l’espèce dangereuse se maintient en vie grâce à sa ressemblance à une espèce simplement désagréable, ou peu vénéneuse. Dans cette catégorie de mimétisme se classe le cas du serpent corail (famille Micrurus), à droite, et ses ressemblances: la couleuvre tachetée (famille Lampropeltis), en haut à gauche, le serpent faux-corail (famille Erythrolamprus), en bas à gauche. Le modèle, ici, est le serpent faux-corail, qui, peu vénéneux, est très désagréable à manger, et protège de cette façon les deux autres espèces: le très vénéneux serpent corail, et l'inoffensive couleuvre tachetée.


Le dernier type de mimétisme défensif est le mimétisme Vavilovien, défini par le botaniste russe Nikolai Vavilov (1887-1943). Ce type n’est pas occasionné naturellement, n’ayant lieu que dans les champs d’agriculture des humains, lorsqu’une mauvaise herbe évolue de façon à ressembler à la plante que l’on essaie de cultiver. Ainsi, c’est l’humain effectue la sélection naturelle, épurant l’espèce de la mauvaise, bien malgré lui.


Mimétisme agressif

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Le principe du mimétisme agressif est simple, quoique inversé par rapport au mimétisme défensif : ici, c’est le prédateur qui a évolué de façon à ressembler à une espèce inoffensive, pour pouvoir éviter d’être aperçu et s’approcher de ses proies. Quelques exemples sont les plantes carnivores, qui, n’ayant l’air de rien, attirent des insectes, les piègent, et les consomment. Un autre exemple est la buse à queue barrée (Buteo albonotatus), à gauche, qui se joint à une volée d’urubus à tête rouge (Cathartes aura), à droite, une espèce nécrophage, avant de plonger sur sa proie, qui n’avait rien à se soucier des urubus. 




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Automimétisme


Avant-dernier type de mimétisme, l’automimétisme consiste en une espèce qui tente de confondre ses prédateurs en reproduisant des signes sur son propre corps, par exemple ayant des ronds imitant des yeux sur son derrière, se donnant l’air d’avoir deux têtes, tel que des serpents dont la tête et la queue sont si semblables que le prédateur, voulant éviter une morsure dangereuse, ne sait quel bout attaquer.



Le mimétisme comique
Le mimétisme comique, moins connu, est exclusif à une espèce nord-américaine de primate, le Willus Césarus Larousse. Son utilité est principalement sexuelle, pour séduire les femelles de son entourage, quoiqu’il puisse également y avoir recours pour augmenter son statut social entre mâles de son clan. Il n'est pas clair dans quelle activité s'adonne l'individu photographié.

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Sources:
http://nbpbycharles.com/Images/Queen%20Buterfly%20A.jpg
http://www.inhs.illinois.edu/inhsreports/sep-oct99/monarch.gif
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/55/Viceroy_Butterfly.jpg
http://keyswildlife.files.wordpress.com/2008/11/mangrove-skippers-phocides-pigmalion-4.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/66/Indiancobra.jpg
http://www.itsnature.org/ground/reptiles-land/false-cobra/
http://herp-pix.org/lampropeltis/syspila5.JPG
http://conservationreport.files.wordpress.com/2009/01/erythrolamprus-bizona.jpg
http://www.vivanatura.org/Micrurus_tenerPh1.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/be/Cathartes_aura-in_flight-bodega_head.jpg
http://en.wikipedia.org/wiki/File:Cathartes_aura_-Florida_-USA_-flying-8-4c.jpg
http://www.facebook.com/photo.php?pid=10893105&op=2&o=global&view=global&subj=882590071&id=882590071

http://en.wikipedia.org/wiki/Mimicry

http://en.wikipedia.org/wiki/Batesian_mimicry

http://en.wikipedia.org/wiki/Henry_Walter_Bates

http://en.wikipedia.org/wiki/M%C3%BCllerian_mimicry

http://en.wikipedia.org/wiki/Fritz_M%C3%BCller

http://en.wikipedia.org/wiki/Vavilovian_mimicry

http://en.wikipedia.org/wiki/Aggressive_mimicry

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